La Paroisse

du Christ Ressuscité à TUBIZE

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mercredi, 30 décembre 2015 20:48

Eglise du Christ-Ressuscité Spécial

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1) Son architecture

En 1957, Tubize était une petite cité industrielle et ouvrière: en toile de fond, les forges de Clabecq, proche de là, les filatures de Fabelta, les briqueteries Champagne, les ateliers de construction de locomotives à vapeur Brenta … c’est dans ce cadre que débute la construction de l’église du Christ-Ressuscité.

 De loin déjà, se détache le campanile, supportant son unique cloche, il domine le paysage industriel qui compose l’horizon. Son élancement contraste avec le corps du bâtiment dont il est séparé. Sur le vaste parvis, se découpe le volume principal de l’église, en brique de la région, de forme cylindrique; il supporte en douze appuis, nombre symbolique, une toiture inclinée.

 

  Les espaces d’accueil sont entièrement vitrés, ouverts sur l’extérieur, la lumière y est filtrée par des pare-soleil en béton. Ceux-ci encadrent la petite abside abritant les fonts baptismaux, symboliquement point de départ de toute vie chrétienne.
 Dès les premières esquisses, le parti architectural est posé clairement: un autel central vers lequel tout converge, élément annonciateur des réformes liturgiques et de la nouvelle pastorale qui s’établit en ces temps (Vatican II, 1962-1965). Les volumes simples suivront ce cheminement: de plan circulaire, la nef devient cylindrique, la toiture s’incline pour protéger le lieu du sacrifice qui reçoit une lumière zénithale, symbole de la dimension verticale, de la relation à Dieu. La disposition des bancs en arc de cercle, accentuera encore cette convergence vers l’autel. En toile de fond, le mur de brique, ponctué de quelques vitraux, enveloppe cet espace. La lumière assourdie ne se fait plus vive qu’au-dessus de l’autel. L’espace est d’une grande sobriété et d’une simplicité extrème.
 A gauche de l’autel, se situe la chapelle, à l’origine séparée par une tenture de velour gris, elle l’est actuellement par une paroi vitrée. Elle offre un climat très intime, propice au recueillement. Le volume est simple, de petite dimension, le plafond bas recouvert de bois. La lumière y est peu abondante, la couleur, bleu sombre, et les matériaux employés contribuent à y créer une atmosphère feutrée très introvertie. Le tabernacle y est déposé dans une abside discrète, le signifiant à l’intérieur comme à l’extérieur. Courant en frise au-dessous du plafond et redescendant verticalement entre cette abside et l’église, un vitrail colore cette lumière d’un orange joyeux. Sur le fond, une fresque évoque le chemin de croix.
 Le centre paroissial situé en contrebas de l’église profite de la forte déclivité du terrain. Indépendant de celle-ci, il comprend une salle des fêtes et de nombreuses annexes permettant la vie commune et culturelle. L’église devient ainsi foyer de vie.

 2) Son architecte

“ Les architectes sont les artisans de l'architecture."
Jean-Marie Ellenberger

 C'est le 20 avril 1913 que naît à Berne un de ces artisans de l'architecture, Jean-Marie Ellenberger. Il étudie à Genève puis à Zurich, il y reçoit une formation d'architecte technicien et d'architecte, bâtisseur et concepteur, deux approches complémentaires du métier. Il entreprend ensuite une licence en mathématiques dont il ressort diplômé en 1934.
C'est à Crans-sur-Sierre qu'il s'établit après y avoir séjourné pour des raisons de santé. Il réalise de nombreux ouvrages dans cette région qui en reste profondément marquée.
Il poursuit son oeuvre à Genève où il se consacre à l'urbanisme et à l'étude des problèmes de la ville.
Il s'éteint le 13 septembre 1988 à l'âge 75 ans.

"L'architecte n'est que l'écrivain qui écrit avec son vocabulaire imagé
l'exacte réplique de ce que nous sommes."
Jean-Marie Ellenberger

3) Les matériaux

Les matériaux choisis sont ceux de la région. Principalement la brique pour les parois et les murs, la pierre bleue de Soignies pour les pierres d'autels et le hêtre pour toutes les boiseries.
La sculpture du Christ en croix, d'une élégante sobriété, a été réalisée en fer soudé par le sculpteur suisse Pierre Siebold (1925- ). Elle occupe une place privilégiée au coeur de l'édifice, rappelant ainsi la présence proche des anciennes Forges de Clabecq. Seul élément vertical, il contraste et dialogue merveilleusement avec l'ensemble du bâtiment.
Les vitraux ainsi que les émaux garnissant les tambours d'entrée ont été réalisés par un artiste brugeois : Michel Martens (1921-2006).
Le tout forme un ensemble simple et modeste qui rend le lieu agréable.
 L'élément majeur en est évidemment la dalle de toiture en béton armé. Supportée par douze points d'appuis, nombre symbolique, elle se détache du mur de brique. Etudiée par les laboratoires Magnel à Gand, sur un modèle de charpente métallique sous la supervision du professeur André Paduart (1914-1985), ingénieur conseil, qui fut un des concepteurs de la flèche du génie civil de l’exposition universelle 1958 de Bruxelles. De faible épaisseur, la dalle sera coulée d'un seul tenant. Monter le béton à dos d'homme, sans discontinuer, pour le verser sur les coffrages fut un des moments les plus périlleux de la construction de l'église. En 1995 la dalle de toiture fut restaurée.

 4) La lumière

Naturelle, colorée, diffuse, ... elle joue un rôle essentiel dans l'édifice qu'elle révèle. Peu abondante mais qualifiée, elle dramatise les éléments. L'entrée très claire est cernée de grandes baies vitrées par lesquelles la lumière pénètre filtrée par les pare-soleil de béton qui rythment la façade.
 Le contraste avec l'abside des fonds baptismaux est voulu. En recul, elle n'est éclairée que par une frise de vitraux séparant du mur, la coupole, qui les couvre.
Le même procédé a été mis en oeuvre dans la nef de l'église où la dalle de toiture retombant en voûtes sur ses douze points d'appuis laisse s'ouvrir de larges baies entre ceux-ci. La lumière qui y pénètre, non colorée, accentue le détachement toiture/murs, faisant vivre ces deux surfaces. Le mur de briques, lui aussi, est ponctué de petites baies en saillie abritant un vitrage coloré.
 Au-dessus de l'autel, la lumière zénithale est amenée par un lanterneau. Elle se fait alors très présente, détachant le lieu du sacrifice du restant de la nef assez sombre.
 Dans la chapelle, plongée dans la pénombre, les vitraux de Michel Martens, rendent une lumière orangée et en réchauffe l'atmosphère. Ici aussi, ils détachent la toiture du mur et l'abside contenant le tabernacle de l'église.
La lumière, ainsi traitée, jouant avec les contrastes, les intensités, les couleurs et la mobilité, accentue le caractère sacré du lieu, dématérialisant les parois et dramatisant les éléments architecturaux et mobilier.
 Toujours changeantes et éphémères, ombres et lumières nous révèlent l'édifice de manière constamment différente.

5) Le mobilier

Le mobilier fait partie intégrante du projet. Dessiné avec soin, il appuie le parti général de l'ouvrage, respectant la règle première de la sobriété et de la simplicité.
Immuables et immobiles, l'autel et les fonds baptismaux, sont réalisés en granit bleu, bouchardé, de Soignies. Ils sont les éléments essentiels de l'espace liturgique et en quelque sorte, le structurent.
 L'ambon, les bougeoirs, les lampadaires, ont été façonnés en cuivre par les moines de l'abbaye de Maredsous, .
 Les bancs et les sièges quant à eux sont en hêtre massif. Courbés, ils accentuent la convergence vers l'autel et le rassemblement des fidèles autour de celui-ci.

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